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Les raids antiterroristes de ces jours suscitent l’inquiétude des internautes

22 août 2016 Auteur  Echos du Rwanda
Le terroriste présumé aurait été abattu dans cette maison située à Kibiraro I, dans la cellule de Nyarutarama, dans le secteur de Remera (district Gasabo). Internet

Plusieurs opérations de la police ces derniers temps se sont soldées sur la mort des individus soupçonnés de liens avec des organisations terroristes internationales. Outre la méthode employée, les internautes questionnent également la véracité de ces accusations.

Jeudi dernier, le 18 août, la police a publié un communiqué sur son site Internet annonçant avoir tué un «terroriste présumé qui s’était barricadé dans une maison à Nyarutarama. Le suspect a été identifié comme portant le nom de Channy Mbonigaba, originaire du district de Rubavu.»

La police aurait échangé des tirs avec l’individu retranché et armé pendant au moins trois heures. Un membre des forces de l’ordre aurait été également blessé. Il a été soigné à l'hôpital Roi Fayçal à Kacyiru, dans la capitale.

Ce drame est survenu presque sept mois jour pour jour après la mort de l’imam adjoint de la mosquée de Kimironko, Muhammad Mugemangango. L’homme, soupçonné «d'implication dans des activités terroristes» en lien avec le groupe Etat islamique en Syrie, avait été abattu par les forces de l'ordre alors qu’il tentait de s'échapper après avoir été arrêté, selon un communiqué de la police. Des membres de la communauté musulmane s’étaient dit surpris des accusations portées contre l’imam. «C’était quelqu’un de cultivé et de normal», avait témoigné l’un d’entre eux cité par Radio France Internationale.

Au lendemain de l’annonce de la mort de Channy Mbonigaba, donc dès vendredi, la police a abattu trois autres personnes soupçonnées de recruter des djihadistes au Rwanda. «L’opération de police ciblée» s’est déroulée dans le secteur de Bugarama, dans la district de Rusizi. Trois autres suspects auraient été arrêtés au cours de ce raid. La police, citée par Voice of America, a affirmé avoir trouvé sur les lieux du matériel de propagande comme des CD et des cahiers.

Ces annonces, largement relayées par la presse Internet rwandaise, ont suscité des interrogations sous forme de commentaires. «Il a été tué sur des soupçons de radicalisation? Et on lui tire dessus comme ça sans autre forme de preuves? Par ailleurs, qu’apprend-on à nos policiers? A tirer uniquement pour tuer?» s’indigne un internaute d’Igihe.com. «Comment détermine-t-on qui doit être tué et qui ne doit pas l’être? Monsieur le président, s’il vous plait, venez à notre secours. Car il ne faudrait pas que des innocents soient victimes de ces opérations!» implore un autre sur le même site.

«Comme on ne cesse de nous le répéter, personne n’a le droit de posséder une arme à feu sans autorisation. Savoir que cet homme s’est retranché dans une maison et qu’il a tiré sur la police, je ne vois pas quel aurait pu l’autre issue», déclare un internaute sur le site Umuseke.com. «A chaque fois, on nous annonce des nouvelles selon lesquelles la police a dû tirer sur des individus en état d’arrestation ou qui étaient sur le point d’être appréhendés. A chaque fois, ces personnes meurent sur le coup. Pour ce monsieur, était-il judicieux de le tuer sans qu’il ait donné des informations sur les activités terroristes dont on le soupçonnait? Ou alors, était-il en possession d’information qu’on voudrait nous cacher?» s’interroge un autre lecteur d’Umuseke.com.

A l’approche des élections prévues l’année prochaine, la crainte de revivre les attentats qui ont marqué la dernière période électorale est ravivée par ces nouvelles d'arrestations qui semblent tourner le plus souvent au bain de sang. En 2010, plusieurs attaques à la grenade avaient fait de nombreux morts et des blessés. Le gouvernement avait accusé le général Nyamwasa et le colonel Karegeya (tué en 2014) d’en être les commanditaires.

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