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Les propos de Julienne Uwacu suscitent la polémique

18 juin 2016 Auteur  Echos du Rwanda
Julienne Uwacu, ministre des Sports et de la Culture MINISPOC

La ministre des Sports a déclaré devant la Commission des finances de la Chambre des députés que les entraîneurs rwandais n’avaient pas encore le niveau pour prendre les rênes de l’équipe nationale de football. Depuis, le Ministère a tenté d’expliquer le fond de la pensée de sa ministre sans plus de conviction. Les coaches, eux, se fâchent.

La scène se déroule mardi 14 juin devant la Commission des finances de la Chambre des députés, alors que la ministre chargée des Sports détaille le budget de son Ministère pour l’exercice 2015-2016, et les projets prévus pour 2016-2017. La députée Agnès Mukazibera (FPR/Kigali) questionne alors la ministre Julienne Uwacu sur les raisons qui poussent la Fédération rwandaise de football (Ferwafa) à presque toujours faire appel à des entraîneurs étrangers pour présider aux destinées de l’équipe nationale de football Amavubi. «Nous sommes ravis de constater que le Rwanda participe à de nombreuses compétitions internationales. Et nous sommes également en phase avec votre politique de faire jouer des joueurs rwandais. Mais il y a des disciplines dans lesquelles nous avons toujours du mal à nous illustrer. Pourtant ces sports nous coûtent cher, puisque la plupart du temps les équipes nationales sont entraînées par des étrangers mais peinent toujours à avoir de bons résultats, à gagner. Puisque nous faisons jouer des Rwandais, est-ce que ce ne serait pas plus propice de donner ces postes d'entraîneur à des Rwandais? Ceux-ci ne gagneraient rien sans doute la première année, mais ce serait une occasion pour eux d’être formés pour apporter des fruits plus tard.»

Dans sa réponse, la ministre des Sports a d’abord expliqué que certains sports avaient à leur tête des entraîneurs rwandais. «Notre politique vise à bâtir nos sports sur le talent des Rwandais. Pour cela, nous avons besoin de faire évoluer nos entraîneurs, puisque le joueur ne peut pas avancer s’il n’a pas d’entraîneur. Actuellement, nos entraîneurs de football ont le niveau pour diriger les clubs. Nous en avons d’ailleurs en première division, et quelques uns de deuxième division n’ont pas encore le bon niveau. Nous allons aider nos entraîneurs à avancer pour être capables d’entraîner dans notre pays et même à l’étranger.»

La sortie, malgré une mise au point peu convaincante du Ministère des sports via un communiqué signé par le secrétaire exécutif lieutenant colonel Patrice Rugambwa, a eu le don de faire sortir de leurs gonds les entraîneurs parmi les plus célèbres du pays. «La personne qui a dit ça n’a aucune idée de ce que sont capables les entraîneurs rwandais», a réagi sèchement sur le site RwandaSport Eric Nshimiyimana, coach d’AS Kigali, qui a furtivement hérité du poste de sélectionneur intérimaire après le licenciement de Milutin Sredojević en 2013. «Si personne ne lui avait fait confiance au point de la nommer ministre, elle ne serait personne aujourd’hui. Elle n’a pas été élue», a lancé Abdu Bizimana, entraîneur d’Amagaju, équipe de la Rwanda Premier League (1re division).

Pour mémoire, aucun entraîneur rwandais n’avait déposé son dossier de candidature lorsque le Nord-Irlandais Johnny McKinstry a été choisi parmi 42 postulants, tous donc étrangers.

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